CRITIQUE | Logan

Dernier tour de piste

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Dans un futur proche, un certain Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur X souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante traquée par de sombres individus va se retrouver soudainement face à lui.

Par RenoZeCut

2029. C’est dans un monde épuré des mutants que l’on retrouve Logan, vieillissant et malade, vivant dans une ancienne usine désaffectée à la frontière mexicaine. Il travaille comme chauffeur de limousine pour subvenir à leurs besoins tandis que Caliban, un mutant capable de détecter les autres mutants et ne pouvant être exposé au soleil, joue l’infirmière pour Xavier, enfermé dans un château d’eau effondré – qui n’est pas sans rappeler le Cérébro – qui ne peut plus contenir ses pouvoirs sans être sous sédatifs.

On oublie la grandeur des X-men, le beau manoir, la technologie dernier cri. Ici, plus rien, ils vivent dans la saleté, l’obscurité et la pauvreté.

Mangold, déjà réalisateur du précédent Wolverine, offre un film beaucoup plus personnel, très éloigné de la franchise. Logan, qui vieillit, ne peut plus guérir aussi rapidement, chaque blessure laisse une cicatrice, que le réalisateur prend le temps de nous montrer à plusieurs reprises ; ses griffes peinent à sortir au point d’être obligé de tirer lui-même dessus.

On oublie la grandeur des X-men, le beau manoir, la technologie dernier cri.

Il est vieux. Il est alcoolique. Et il est malade. Une sorte de cancer le ronge, tout comme le cancer contre lequel se bat Hugh Jackman depuis plusieurs années maintenant. L’acteur a interprété son personnage pendant 17 ans, plus de 9 films, il n’est pas anodin que dans un film testamentaire – puisque Jackman tire sa révérence – que les deux soient intimement liés. 

La maladie ou plutôt la vieillesse (vieillir n’est-il pas une maladie ?) ronge aussi le Pr Xavier, qui ne contrôle plus ses pouvoirs et qui est obligé de vivre reclu dans un château d’eau dont la seule lumière qui filtre passe par un trou dans la paroi. Ses vêtements sont sales, il ne peut plus s’occuper de lui-même, obligé de prendre des cachets et des injections de sédatifs pour pouvoir se contrôler.

Les rapports entre les deux personnages sont houleux, comme pourraient l’être ceux entre un père et un fils. La filiation est un aspect important du film, aspect qui sera confirmé avec la petite fille.

Le film bascule alors dans une ultra-violence, complètement décomplexée

Les trois mutants vivent donc reclus, sans faire de vagues et attirer l’attention, jusqu’au jour où une mystérieuse femme accompagnée d’une petite fille l’aborde pour la conduire dans le nord des Etats-Unis. Les ennuis vont commencer pour Logan car la petite est poursuivie par l’entreprise qui l’a crée. Elle est une mutante, aux mêmes pouvoirs que Logan. Et ils veulent la récupérer à tout prix.

Le film bascule alors dans une ultra-violence, complètement décomplexée (le film est interdit au moins de 17 ans au US), arrachant membres et tripes. Logan est vieux et n’a plus rien à perdre alors quand il griffe, c’est à mort.

Ils devront donc traverser les Etats-Unis du sud vers le nord, transformés en sorte de No man’s land désertique – ils ne passeront que dans une seule grande ville – en essayant de se cacher. L’analogie entre les Etats-Unis de Trump, avec son mur et le traitement réservé aux immigrés est ici flagrante. Les deux personnages féminins sont d’ailleurs d’origine mexicaine. En cela, le film revient à un traitement politique qui était perdu depuis les deux premiers volets de la franchise X-Men.

Logan se paie le luxe, pour sa dernière virée, de sortir du carcan Marvel, permettant au film une couleur plus sombre et sérieuse, avec des thèmes lourds comme la vieillesse, la mort, le deuil, l’acceptation ; tout en s’offrant quelques scènes assez drôles, notamment dans ses rapports avec la fillette.

Le film s’ouvre sur une séquence hyper violente et se referme sur un joli moment de poésie. La boucle est bouclée. Jackman dit adieu (en principe, car Ryan Reynolds et lui sont très très chauds pour intégrer Wolverine chez Deadpool) à son personnage. Rideau de fin. 

REALISATION : J.Mangold
CASTING : Hugh Jackman, Patrick Stewart, Boyd Holbrook…
GENRE : Super-Héros, Action
DURÉE : 138 min
SORTI LE : 1er mars 2017