CRITIQUE | Jack Reacher : Never Go Back

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Par RenoZeCut,

Jack Reacher est de retour, prêt à tout pour obtenir justice. Susan Turner, qui dirige son ancienne unité, est arrêtée pour trahison : Jack Reacher ne reculera devant rien pour prouver l’innocence de la jeune femme. Ensemble, ils sont décidés à faire éclater la vérité sur ce complot d’État.

Chaque film avec Tom Cruise est un événement. Il fait partie de ces rares acteurs où les gens vont voir le dernier Tom Cruise. C’est une star. Qu’on l’aime ou pas, il ne laisse pas indifférent, et il suffit de voir sa filmo pour le comprendre. Tom Cruise, c’est avant tout des chiffres. 54, comme son âge qu’il ne fait pas. 35, comme le nombre d’années de carrière. 40 comme le nombre de films à son actif dont 34 en tant que tête d’affiche. Tom Cruise, c’est aussi plus de 8 milliards de $ de recettes. Mais il ne se limite pas à faire des gros sous, il tourne aussi avec les plus grands : Zeffirelli, Coppola, les frères Scott, Scorsese, Barry Levinson, Oliver Stone, Ron Howard, Reiner, Pollack, Neil Jordan, De Palma, Kubrick, Woo, Spielberg, Michael Mann, et bien d’autres.

Cruise fait aussi partie de ces acteurs qui ne choisissent pas leurs films au hasard. Jack Reacher revient donc après un premier volet sorti en 2012 adapté des romans de Lee Child. Dans ce premier film (tiré du 9ème roman), on assiste à une sorte de glorification d’un acteur sur qui le temps n’a pas d’emprise et qui n’a besoin de personne pour tenir l’affiche. Héros discret, ou du moins qui préfèrerait l’être – lorsque les gens l’appellent « major », il s’empresse de les corriger par « ex-major » – Reacher disparaît et réapparaît, vivant d’hôtel en motel, se déplaçant souvent en faisant de l’auto-stop, ne laissant aucune trace, bref, il est un fantôme, une ombre que le gouvernement aimerait récupérer en vain.

Dans ce deuxième volet, Reacher se retrouve au cœur d’un complot en essayant d’aider une personne qu’il ne connaît que par téléphone, le commandant Susan Turner, interprété par la sublime Cobie « Robin » Smulders. Si la trame scénaristique reste relativement classique pour un film d’action – trafic d’arme, complot, corruption – c’est plus du coté des relations entre les personnages que l’intérêt se trouve.

Jack Reacher est un homme seul, il ne peut s’octroyer le luxe d’une famille ou d’une femme, mais lorsqu’il va se retrouver avec « femme » et « enfant », la cohabitation va être douloureuse. Car non seulement il se doit rester avec le commandant Turner, au caractère bien trempé, mais aussi une fille, potentiellement la sienne, qui par conséquent devient une otage rêvée si les vilains mettent la main dessus.
Reacher goûte donc aux joies du concubinage, traduites dans une scène assez amusante où lui et Turner passent de la séduction à l’engueulade en l’espace de 30s, et de la parenté, avec cette jeune fille ultra rebelle, insupportable mais attachante, interprété par Danika Yarosh. Reacher se prend vite d’affection pour elle et fait tout pour la protéger. Même si elle ne lui ressemble pas physiquement, elle en a quelques traits de caractère qui le mettent dans le doute. Le vilain, se sentant ridiculisé par Reacher, en fait une affaire personnel et la jeune fille devient alors l’objet du désir de vengeance et une faiblesse potentielle pour Reacher. Mais elle deviendra au contraire un moteur d’une violence implacable lorsqu’il affrontera le vilain dans un combat final épique. A l’inverse d’un Ethan Hunt dont il serait ici à la retraite, Reacher n’a pas de gadgets, en général pas d’alliés, rien. Juste un pistolet, les armes que ses ennemis perdent et ses poings. Une fois de plus, Tom Cruise montre que même à 54 ans, il peut faire le poids. Les scènes de bagarre sont parfaitement chorégraphiées et extrêmement dures, on sent la puissance dans chaque coup, qu’il donne ou qu’il reçoit.

A chaque scène d’action, Tom Cruise semble vouloir prouver qu’il peut le faire, avec tout de même cette arrière goût d’un « je suis trop vieux pour ces conneries ». Gloire à son corps oblige, Jack Reacher se montrera torse nu, fier de ce corps imposant, mais qui souffre après une bonne baston avec l’ennemi. Il se tord de douleur, gémit, se déplace lentement. Est-ce que Tom Cruise essaierait de faire passer un message ? Jack Reacher a l’habitude d’être seul, Tom Cruise a l’habitude être seul à l’affiche. Mais comme s’il avait fait son temps, Reacher est contraint d’accepter l’aide de celle qu’il est venu sauver. A la fin du film, il sera même obligé d’être littéralement soutenu, acceptant le poids de l’âge sur son corps vieillissant. Jack Reacher / Tom Cruise n’a peut-être plus envie d’être seul, mais l’espoir d’une vie normal est impossible. Il devra reprendre la route, seul, tel le cow-boy solitaire.

Jack Reacher : Never go back est un film au scénario efficace, parfaitement orchestré par le réalisateur de Blood Diamond et Le dernier samouraï, Edward Zwick, dont le véritable intérêt se trouve dans les relations entre les personnages et celui qu’entretient l’acteur avec son alter-ego. Un Tom Cruise incontournable.

REALISATION : Edward Zwick
CASTING :
Tom Cruise, Cobie Smulders, Robert Knepper

GENRE : Action, Thriller
DURÉE : 118min
SORTI LE : 19 octobre 2016